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David Souny vous présente le château des Quat'Sos



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En 1224, les Réolais obtiennent de Louis VIII le Lion (1187-1226) le droit d'édifier une forteresse, à l'angle sud-ouest de la ville. Leur très récente prise de position en faveur du roi de France et la situation clé de la ville justifient cette construction aux yeux du roi, désormais maître des pays où l'hérésie cathare vient d'être vaincue plus à l'est.

Le château est ainsi construit à la place d'une turris regula rudimentaire, dressée quarante ans plus tôt dans le jardin du prieuré qui date du Haut Moyen Âge aux fins de protéger les apanages de la couronne contre les incursions anglaises. Il est achevé par Henri III d'Angleterre, alors duc d'Aquitaine, pour défendre la Guyenne anglaise.

Il sera âprement disputé entre soldats anglais et français au cours de la guerre de Cent Ans (1337-1453).

L'un des sièges les mieux connus du château des Quat'Sos est raconté dans Les Rois maudits, la fameuse fresque historique de Maurice Druon. À la fin de l'été 1324, pour la cinquième fois, les armées françaises assiègent le château. Elles y expérimentent une nouvelle arme, les « bouches à feu ». Elles obtiennent une reddition relativement rapide de la garnison réolaise, alors que la résistance aurait pu se prolonger davantage. C'est que la saison des vendanges est venue : les Réolais ne voient pas l'utilité de résister plus longtemps, alors que la récolte risque d'être perdue. Cette justification anecdotique ne contredit pas, bien au contraire, l'attitude constante de la bourgeoisie réolaise au Moyen Âge : la fidélité au maître d'hier ne doit jamais contredire l'intérêt de demain.

La forteresse, de même que le prieuré et les autres richesses de la ville, redeviendra la propriété des rois de France à la fin de cette guerre, après la victoire définitive des Français à la bataille de Castillon en 1453.

Le château, édifié à la fin du xiie siècle est rebâti au xiiie siècle, se dresse à l'angle formé par la vallée du fleuve et un vallon affluent. La ville s'est étendue derrière.

La double enceinte fortifiée a été conservée au sud. C'est là que le château a le mieux gardé son allure de forteresse du Moyen Âge.

Des quatre sœurs initiales, il n'en reste que trois dont celle, imposante, du sud-ouest dite « la Thomasse », dédiée par les Anglais à saint Thomas, dominant le cours de la Garonne d'une trentaine de mètres. Une cinquième tour, dite du portal est mentionnée dans un inventaire de 1561.

La façade méridionale a été percée de fenêtres et d'une galerie au xviie siècle, époque à partir de laquelle le château a perdu sa fonction défensive, sur les directives de Richelieu. Il a perdu aussi une partie de ses murailles, celles qui se trouvaient sur l’emplacement des jardins actuels, vers le nord-ouest, et qui protégeaient l’entrée du château depuis la villle.

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